La dernière matinée de la rencontre a été en partie
réservée à dresser le bilan de cette rencontre et à dégager les suites à lui
donner.
Bruno
-
souligne
l’intérêt de l’hétérogénéité du groupe de participants
-
regrette
que toutes les expériences évoquées au cours de ces 4 jours ne soient pas plus
connues
-
pense
qu’il est important de travailler à développer les expérimentations
« marginales », à les faire connaître
-
se
demande comment être le « grain de sable » qui conduit à la
transformation de la société
-
souligne
l’importance des réseaux qui doivent permettre
-
des
soutiens réciproques
-
de
surmonter les divisions
-
a
aimé la diversité des expériences présentées qui sont sources de richesse
-
estime
que si on veut convaincre les enseignants de changer leurs pratiques, il faut
leur montrer l’intérêt personnel que cela peut être pour eux.
Philippe
-
estime
qu’il faut éviter « de renvoyer du négatif » pour espérer changer les
gens
-
mais
qu’il faut essayer de les faire changer positivement (il pense aux IEN, aux
établissements, aux enseignants, etc.)
Marguerite
-
a
aimé l’hétérogénéité du groupe qu’elle compare à la richesse d’une bibliothèque
-
« enfin
le vilain petit canard a fini par rencontrer des cygnes », ajoute-t-elle
Danielle
-
revient
elle aussi sur l’hétérogénéité comme une richesse
-
s’interroge :
et maintenant, que puis-je faire pour faire progresser les choses ?
-
peut-être
créer des groupes de rencontre locaux avec des spécialistes (en rapport avec
NEUVOLA)
-
créer
des groupes de rencontre entre associations diverses et enseignants
Michel
-
pense
nécessaire de faire un effort de diffusion notamment auprès du monde politique
-
avoir
pour objectif de rassembler les démocrates
Nathalie
-
accueille
des stagiaires de l’IUFM dans sa classe
-
a
pris une grande bouffée d’oxygène durant ces journées
-
a
compris qu’il faut diffuser, notamment en direction des IEN, à son niveau
Denise
-
a
trouvé la rencontre intéressante dans l’ensemble
-
souhaite
que les intervenants insistent sur les moyens de faire avancer les choses
-
que
l’on se tourne plus vers l’avenir que vers le passé
-
pense
que l’on oublie un peu trop souvent ce qui nous réunit entre personnes, entre
associations, d’où la nécessité de former des réseaux
-
qu’il
faut essayer d’intervenir notamment dans les IUFM
Stéphane
-
on
a beaucoup parlé du rôle du professeur, de l’éducatif au sarvice du pédagogique
-
je
sors renforcé dans mes convictions
-
la
mise en réseau est indispensable pour la mise en commun d’outils
-
comment
transposer des pratiques du primaire dans le secondaire ?
-
comment
fonctionne le GFEN ?
Sylvaine
-
a
trouvé cette rencontre passionnante
-
les
discussions se poursuivaient en dehors des séances
-
le
talon d’Achille reste « comment diffuser ?
-
pour
ne pas faire peur, il faudrait organiser des rencontres plus systématiques sur
des thèmes donnés, par exemple : comment résoudre le problème de l’hétérogénéité ?
-
Préparer
des dossiers thématiques pour d’autres rencontres
Henri
-
est
très satisfait notamment par la diversité des thèmes abordés
-
sa
préoccupation majeure : comment rendre notre société vivable pour nos
enfants ?
-
comment
changer le regard sur l’école ? d’une école qui ne se limite pas à la
réussite de ses propres enfants ?
Marie-Hélène
-
agir
par la base, chacun à son niveau pour avoir des éléments en main
-
lancer
de petits manifestes pour que les parents se sentent dérangés
-
Réveil
est un réseau polycentrique : il peut centraliser puis rediffuser
-
Il
faudrait davantage utiliser les va-et-vient de type « groupes de
base » => Assemblée générale => groupes de base
Valérie
-
Notre
projet n’est pas dans le système.
-
Je
souhaite un partenariat dans le système
Isabelle
-
réaffirme
que la diversité est une richesse
-
a
trouvé que les débuts de la rencontre étaient trop « intellectuels »,
trop théoriques puis que l’on s’est plus tourné vers du concret, ce qui
est très bien
-
la
rencontre a donné une impulsion nouvelle, nous avons un rôle novateur à jouer
-
a
apprécié le modèle finlandais présenté par Henri
-
se
trouve plus motivée maintenant qu’au départ
-
souhaiterait
que les jeunes soient plus nombreux dans de telles rencontres
Claude
-
surtout
aimé que chacun soit venu avec son vécu, avec ce qu’il/elle est et non ce
qu’il/elle sait comme c’est trop souvent le cas dans de telles rencontres
Ce bilan semble donc positif pour l’ensemble des participants. Reste à
envisager les suites souhaitables : tous les participants sont engagés
dans des actions, associations, réseaux travaillant pour faire évoluer
localement le système éducatif. Cette rencontre les a confirmés dans leurs
convictions, nous ont-ils souvent dit.
Ce qui a été souligné par l’ensemble des participants c’est la nécessité
de diffuser, de faire connaître nos idées et – lorsqu’elles existent, nos
réalisations ou celles que nous connaissons et qui vont dans le sens de nos
idées ; d’établir des échanges avec des personnes et des groupes œuvrant
dans le même sens, en matière d’éducation mais aussi dans d’autres domaines
comme la santé, l’écologie, etc. Il est important que chacun, là où il se
trouve, dans le ou les réseaux auxquels il appartient, répercute les idées qui
nous rassemblent. Les contacts personnels sont souvent les plus efficaces.
La vocation de l’association-réseau R.E.V.E.I.L. est
de faciliter la diffusion de ces idées, des informations qui lui arrivent en
permanence. La lettre mensuelle se voudrait interactive : elle l’est en partie.
Il tient à chacun de participer à son enrichissement en nous faisant parvenir
textes et informations. Le site Internet de R.E.V.E.I.L. s’enrichir de mois en
mois des nouveaux apports reçus : en une année, il a reçu plus de 100 000
visites. Il semble donc que ce soit un média non négligeable. Utilisons le
donc.
L’une des actions essentielle est bien celle qui
consiste non seulement à soutenir les initiatives locales concrètes des
enseignants, que ce soit dans leur classe ou dans des établissements « différents »,
mais aussi – et peut-être surtout – à les faire connaître et à œuvrer pour
faciliter la multiplication de ces initiatives. Nous savons, par expérience,
que ces initiatives ne se multiplient pas - ou peu - par
« contagion », qu’elles se heurtent à de nombreux obstacles dus à la
rigidité des institutions, aux habitudes de penser et de faire bien ancrées
dans tout système éducatif [1]
et à la méconnaissance par le plus grand nombre de nos concitoyens des enjeux.
C’est donc à ces trois niveaux qu’il faut agir :
·
s’unir
aussi largement que possible pour que les pouvoirs publics apportent les
assouplissements structurels nécessaires à l’extension des initiatives
éducatives locales. Chose malaisée dans la conjoncture actuelle, mais cette
conjoncture peut évoluer et il faut être prêt à demander ces assouplissements à
de nouveaux décideurs. On pourrait envisager d’en dresser une première liste –
non exhaustive – à soumettre aux candidats aux futures élections.
·
nous
engager par tous les moyens dont nous disposons pour faire évoluer les
mentalités en matière d’éducation et de pédagogie. Là aussi, la chose est
malaisée dans la conjoncture actuelle du fait du triomphe apparent des lobbies
anti-pédagogie, relayés par les grands médias nationaux, mais aussi de l’angoisse
de nombreux parents devant l’avenir plus qu’incertain qu’ils pressentent pour
leurs enfants. Angoisse qui pousse toujours à croire que jadis, « c’était
mieux » et donc à croire ceux qui prônent le retour à une école qu’ils
n’ont souvent pas connue eux-mêmes. Tâche difficile donc, mais raison de plus
pour saisir toutes les occasions pour « éveiller les consciences ».
·
tabler
sur les prises de conscience de la gravité de la situation à l’échelle
nationale, internationale, planétaire pour ancrer l’idée qu’aucune solution
durable dans aucun domaine ne sera possible sans une transformation profonde de
l’éducation. Et, partant, aider à la constitution d’un vaste réseau de réseaux
qui dépassera le cadre de l’éducation tout en l’englobant. Y faire connaître les
idées et les réalisations qui se sont développées tout au long du 20e
siècle ; montrer que des voies nombreuses et prometteuses ont été
dégagées, qui constituent des points d’appui solides pour faire émerger un
système éducatif adapté à notre époque.
Nos amis du Collège de la Maronne à Saint Martin Valmeroux (Cantal)
projettent d’organiser une rencontre nationale dans leur établissement à
l’occasion de son cinquième anniversaire. Cette rencontre pourrait se tenir à
l’occasion du week-end de l’Ascension, du 25 au 28 mai 2006. Que toutes les
personnes intéressées réservent déjà ces dates : toutes précisions seront
données notamment par les lettres de Réveil à venir.
[1] par sa nature même d’organe reproducteur de la société dont elle est l’une des principales institutions, l’Ecole, à la fois fille et mère de la société, est essentiellement conservatrice. Elle ne peut évoluer que par l’action personnelle de ceux de ses acteurs, enseignants, mais aussi parents et citoyens d’une manière générale, qui veulent « changer la société ». Cette évolution ne peut être que lente, progressive, d’où la nécessité d’un engagement obstiné, soutenu sur le long terme par le plus grand nombre possible de citoyens. Cet engagement suppose que l’on se place du point de vue de ce que nous tenons pour l’intérêt général et est donc d’essence « politique » au sens fort du mot. Ce qui ne doit pas être contradictoire avec la mise en œuvre de « solutions » locales concrètes, immédiates, en faveur des enfants, des jeunes et des moins jeunes d’aujourd’hui.