Si j'avais eu le plaisir d'être
présent à votre rencontre, j'aurais proposé les axes de discussion suivants :
En
d'autres termes, comment peut-on expliquer qu'un enfant-élève ne puisse ou ne veuille
libérer ses processus cognitifs et ses ressources intellectuelles, et accéder
ainsi aux apprentissages ? Nous savons en
effet que les difficultés à comprendre et apprendre, en particulier
l'échec scolaire, sont sous-tendues par d'autres explications que
les déficits dans les processus cognitifs et les «petits moyens intellectuels». Parallèlement, la
didactique est un leurre, même si elle est nécessaire. On ne résoudra pas les difficultés à comprendre et apprendre, les
résistances et échecs scolaires, les problèmes liés aux conduites marginales et
asociales, la violence tant qu'on ne voudra pas voir et entendre la «nature»
des difficultés des enfants, des pré-adolescents et des adolescents. Par
exemple, les conduites violentes ont pour dénominateur
commun l'insécurité affective des personnes violentes, c'est-à-dire les
processus individuels qui se
construisent au fil du temps depuis la petite enfance et qui conduisent aux
passages à l'acte. Les facteurs sociaux du moment ne sont que les
détonateurs des explosions de violence. […] Le
nombre des enfants et des jeunes en grave difficulté ne diminue pas et alors
que la fréquence des dépressions, des suicides et conduites suicidaires, des
agressions, des enfermements dans les psychotropes ... ne cessent d'augmenter.
Comment les engager dans la
réalisation de leur(s) projet(s) ? Comment le
projet d'école peut-il intégrer les projets individuels ? Tous les êtres
humains ont en effet besoin de se projeter dans le futur pour
relativiser ou dépasser les difficultés du moment et pour s'imaginer dans les
habits d'une personne reconnue et aimée.
c'est-à-dire le lieu école avec l'enfant-élève au
cœur du système et dans le cadre d'interactions ajustées entre les
enfants-élèves, les parents et familles, les éducateurs et enseignants et les
autres personnes concernées ... et avec l'environnement (cité, milieux naturels
...) ? Quelles stratégies d'accueil, d'aménagement du temps et d'aménagement
des espaces ? Pour quels enfants et quelles familles, à la ville et à la
campagne, dans les ZEP et ailleurs ?
pour que l'école accompagne les
mouvements de la société (des sociétés), et devienne donc un système flexible et en mouvement,
capable de s'adapter aux changements ?
Comment refonder les Inspections académiques et
comment redéfinir le rôle des inspecteurs et des conseillers pédagogiques ?
Quelle place pour les RASED ? Quel Ministère
de l'Education Nationale (le mode de fonctionnement de ce Ministère
est parfaitement scandaleux : les directions sont autant de
citadelles dont les chefs ne pensent qu'à une chose : leur carrière) ?
qui font ce
qu'ils peuvent avec le plus souvent beaucoup de compétence, de courage et
d'abnégation et qui aspirent à plus de considération et de reconnaissance ? En effet, quand
j'entends les amis et collègues du monde de l'Education,
j'ai l'impression d'entendre les mêmes discours depuis des décennies. Ce sont
les mêmes clichés et le même «prêt à penser» qui sont assénés.