MANIFESTE

MANIFESTE

POUR LA CRÉATION DE

SITES PILOTES DE L’ÉDUCATION NATIONALE.

Juin 1998

(extraits)

De nombreuses voix s’élèvent depuis plusieurs décennies pour constater que notre système éducatif national n’est plus adapté ni aux besoins de nos jeunes ni à celui d’une société en évolution accélérée et pour demander qu’il soit profondément transformé. Des réformes structurelles se sont succédées au cours des 40 dernières années, sans vraiment apporter les changements souhaités parce que l’essentiel, c’est à dire la pédagogie, n’a pas été touché par ces réformes. Certaines réformes proposées ont même été ou ignorées ou détournées de leurs objectifs parce que les personnes chargées de les appliquer ne les ont pas comprises et n’ont donc pas pu se les approprier. Force est donc de reconnaître que les réformes nécessaires ne peuvent être imposées par des textes officiels mais qu’elles doivent venir de la “ base ”.

Or depuis plus de 60 ans, de très nombreuses expériences pédagogiques novatrices ont largement tracé les voies des changements nécessaires. Il s’agit toujours d’initiatives individuelles ou de petits groupes d’enseignants-éducateurs qui se rattachent à des courants dits “ d’éducation nouvelle ou moderne ” comme le mouvement Decroly, le Groupe Français d’Éducation Nouvelle, l’Institut Coopératif de l’École Moderne, les groupes de recherche en Pédagogie Institutionnelle, les Réseaux d’échanges réciproques de savoir, les Cercles de Recherches et d’Actions Pédagogiques, etc. Malheureusement, ces expériences locales n’ont jamais eu d’impact global sur le système éducatif. Elles sont, le plus souvent, restées inconnues de la plupart des enseignants et du grand public en général, et se sont trop souvent heurtées à l’hostilité de certains administrateurs plus préoccupés du maintien de leur pouvoir que du souci des enfants et des jeunes.

Au début des années 60, des mouvements comme  Défense de la Jeunesse Scolaire ou l’Association pour la Modernisation de l’Enseignement se voulurent des lieux de rencontres entre enseignants, spécialistes non enseignants et parents d’élèves : ils furent souvent à l’origine de réflexions fécondes, mais, faute de rencontrer un écho favorable auprès des autorités politiques de l’époque, ne réussirent pas à créer la dynamique nécessaire à la mise en place de réformes profondes généralisées.

Aujourd’hui, l’Éducation Nationale est très malade : l’échec scolaire prend de plus en plus l’aspect d’une exclusion du savoir entraînant une exclusion sociale irrémédiable. Le développement de la violence à l’intérieur et en périphérie de nombreux établissements scolaires est l’un des signes de l’inadaptation croissante de notre École au monde actuel. Sa transformation, nécessaire naguère est devenue urgente aujourd’hui. C’est une véritable révolution copernicienne qu’il s’agit d’opérer : à la priorité donnée jusqu’ici à la transmission de connaissances à des élèves, il faut substituer celle de la formation intellectuelle, sociale, morale, civique des personnes ; il faut donner à chacune d’elle le goût de l’étude et les moyens de se former tout au long de sa vie. Il est grand temps de prendre en compte le changement voulu voici plus de 60 ans par ceux qui transformèrent le Ministère de l’Instruction Publique en Ministère de l’Éducation Nationale.

Pour cela, il faut :

1. favoriser les initiatives pédagogiques d’équipes locales qui vont dans le sens d’une véritable pédagogie active et coopérative inspirée des nombreuses expériences des mouvements d’éducation nouvelle ;

2. faire connaître ces innovations notamment aux parents d’élèves et, d’une manière générale au grand public, de façon à diffuser une information méconnue et à susciter une réflexion constructive sur l’École.

 

 

 

 

 

Texte du Manifeste et liste des premiers signataires sur http://assoreveil.org/manifeste.htm

 

retour au sommaire de la rencontre

retour à la page d'accueil